Cheptel

Aire d'extension

Cette race est essentiellement valaisanne et son aire d’extension traditionnelle correspondait à des limites géographiques naturelles, soit le Bois de Finges à l’est et l’étranglement de la Vallée du Rhône en aval de Martigny. Cette région recouvre parfaitement l’aire du parler franco-provençal et a été marquée par la même culture; elle présente également de grandes similitudes relatives à l’économie alpestre comme les alpages communautaires et le mode de conduite du troupeau.

Depuis les années 60, la race se développe de manière réjouissante dans le Haut-Valais. Elle est également présente dans le Val d’Aoste depuis fort longtemps sous l’appellation Castana. Cette race qui occupait autrefois toute la vallée de Chamonix a failli y disparaître. Or, depuis 1980, un cheptel de quelques centaines de sujets y a été reconstitué.

Résultats des recensements fédéraux de 1911 et de 1936 (espèce bovine de la race d'Herens en canton du Valais)

District/BezirkRace d'Hérens/Eringerrasse
 19111936
Brig (Brigue)8457
Goms (Conches)212
Leuk (Loèche)101130
Westlich Raron (Rarogne occ.)16968
Östlich Raron (Rarogne orient.)10143
Visp (Viège)228209
Oberwallis (Haut-Valais)685519
Conthey4'9155'034
Entremont5'6095'034
Hérens (Ering)6'8046'482
Martigny (Martinach)3'1394'510
Monthey75118
St.-Maurice211171
Sierre (Siders)5'3495'655
Sion (Sitten)2'9083'180
Bas-Valais (Unterwallis)29'01030'495
Valais29'69531'014

 

En 2002 un syndicat d’élevage vaudois s’est affilié à la Fédération. Actuellement, la race d’Hérens est présente dans plusieurs cantons suisses, principalement dans les cantons de Vaud, Berne et Fribourg.

Evolution du cheptel

Le cheptel bovin valaisan a fortement diminué depuis le début du siècle. Le cheptel Hérens a régressé plus fortement encore, surtout depuis les années 60, pour s'établir à 12'110 animaux en 1983. Depuis cette date, le cheptel Hérens s’est stabilisé. Sa part dans le cheptel suisse est inférieure à 1%.

Jusqu'en 1956, la diminution du cheptel Hérens était sensiblement la même que celle du cheptel cantonal, voire même légèrement inférieure. La diminution plus prononcée constatée depuis 1956 s'explique en premier lieu par la création d'emplois plus rémunérateurs dans l'industrie, le commerce et le tourisme, et en second lieu par la reconversion de l'activité agricole pastorale dans des secteurs plus intensifs, comme la viticulture, l'arboriculture et la culture maraîchère. Ce dernier point concerne surtout la Plaine du Valais central et les coteaux de la rive droite du Rhône, autrefois régions traditionnelles d'élevage de la race. 

Les conditions d'exploitation difficiles, le morcellement des terres ainsi que le régime de la petite exploitation, présents plus qu'ailleurs dans l'aire d'extension de la race, ont contribué aussi largement à sa régression. 

On peut donc conclure que la diminution est liée surtout à des facteurs géographiques et structurels.

Evolution du cheptel valaisan et celui de l'Hérens de 1911 à 2016

 Cheptel Valaisan Cheptel Hérens 
AnnéeNombre de têtesEvolution relative (%)Nombre de têtesEvolution relative (%)
191168481100.029594100.0
19366346392.730868104.3
19565981787.32768193.5
19783812655.71302944.0
19833596552.51211040.9
19883395549.61260142.6
19933322848.5*1350045.6
20163263747.6*1250042.2

* Estimation
Source : Recensements fédéraux du bétail.

Mode de conduite

Les troupeaux sont hivernés dans les étables villageoises de novembre à la mi-mai. A cette date, les troupeaux souvent regroupés en unités plus importantes, se déplacent pour pâturer la zone des mayens, située entre 1300 et 1800 m d'altitude. Dès la mi-juin, les troupeaux séjournent jusqu'à la mi-septembre sur les pâturages alpestres, pour la plupart de type communautaire qui s'étendent de la limite supérieure naturelle des forêts jusqu'à 2500 m, au pied des glaciers.

Les alpages comptent de 20 à 140 vaches. Dès la mise à l'herbe au printemps, aucun fourrage complémentaire n'est distribué aux animaux jusqu'à leur retour à l'exploitation à mi-octobre qui a lieu après un bref séjour dans la zone des mayens.

Ce mode d'affouragement est particulièrement proche de la nature et s'inscrit dans la ligne d'une politique soucieuse de l'environnement.

Vu que la totalité du troupeau est soumise à ce mode de transhumance et que par conséquent, les mises bas échelonnées ne sont pas compatibles avec ce régime, 80 % des vêlages ont lieu d'octobre à décembre et 20 % de janvier à avril. Le mois de novembre, avec 40 % des mises bas, est le mois le plus fécond.